Mardi 11 août 2009
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Bien qu’ayant la (très injuste) habitude de privilégier des artistes chers à mon cœur, c’est avec un plaisir
particulier que je présente aujourd’hui le 3ème album de Kasabian à notre cher Homard.
Je suis en effet, de près, les mancuniens depuis leur coup d’essai éponyme. Subtil mélange de rock brut et
d’électro, il leur avait valu les éloges d’une critique évoquant les mânes du Madchester (Stones Roses et consorts).
Le quatuor, empruntant son nom à Linda Kasabian, disciple du célèbre Charles Manson, après s’être auto-proclamé
« meilleur groupe du monde », avait récidivé avec un « Empire », si bien nommé, tour de Babel, parfois grandiloquente mais réussie. L’explosif « Shoot the runner »
se chargeant de les imposer au grand public.
Cinématographique est l’adjectif qui sied le mieux à l’œuvre de Kasabian. Une musique épique, nourrie d'influences
foisonnantes mise en scène dans des clips dramatiques, pollockesque pour « Shoot the runner », belliqueux pour « Empire », western pour « Fire ».
« Dobermann », clôture moriconnienne du 2ème album, symbolise plus que tout ce souffle dionysiaque.
Il est d’ailleurs fort surprenant qu’aucun réalisateur actuel même parmi les plus mélomanes (Tarantino, Boyle,
Fincher) n’ait eu l’idée de leur demander des compositions.
Leur troisième album, arrivé avec l’été, confirme totalement cette tendance. Le titre énigmatique « West
Pauper Lunatic Asylum » et une jaquette rococo donnent d’emblée le ton.
Le rideau s’ouvre sur des titres de facture plutôt classique, avec un premier single « Underdog »
calibré pour la FM.
C’est à la moitié de la bobine que le triptyque « Take aim », « Thick as thieves », « West
Ryder/Silver Bullet », ses guitares vibrionnantes et envolées de violons nous transportent dans un film de gangsters italiens.
L’épilogue crépusculaire « Secret Alphabets » se prolonge avec un générique final « Happiness »
aux accents gospels (que ceux qui ont répondu « Sister Act » quittent ce blog !).
L’hommage au 7ème art culmine, ici avec le clip de « Vlad the impaler », clin d’œil à la cultissime
saga de la Hammer, immortalisée par Christopher Lee, là par la présence de l’actrice féline de « Sin City », Rosario Dawson qui s’improvise BB moderne sur « West Ryder/Silver
Bullet ».
« West Pauper Lunatic Asylum », son atmosphère western psychédélique, illustrerait parfaitement la
future adaptation de la saga de Stephen King, « La tour sombre ». Puisse J.J Abrams nous entendre et leurs fans avoir l’occasion de voir les 4 anglais traverser, non pas Abbey Road,
mais le tapis rouge de Cannes.
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